Teréga
Quelles perspectives pour le GNV et le bioGNV en France en 2022 ?

Quelles perspectives pour le GNV et le bioGNV en France en 2022 ?

En matière de mobilité, le GNV et sa déclinaison bioGNV répondent aux enjeux environnementaux de façon économiquement abordable pour les usagers, leur permettant d'amorcer graduellement la transition énergétique. Engagé depuis plusieurs années dans l'injection de biométhane dans son réseau, et demain dans l’injection de nouveaux gaz similaires et potentiellement abondants, Teréga soutient l’essor d'une mobilité propre et durable.

Le GNV pour répondre aux enjeux de décarbonation de la mobilité

Le secteur des transports est le principal émetteur de gaz à effet de serre (GES) en France, avec 136 millions de tonnes équivalent CO2 en 2019, soit 31% du total des rejets de GES du pays, hors transits étrangers. Dans un véritable contexte d'urgence climatique, la France et ses partenaires européens s'efforcent de limiter efficacement ces émissions, qui impactent aussi bien le climat que la santé publique : les NOX et les particules fines étant responsables de maladies respiratoires, sans compter les nuisances sonores.

Le Gaz Naturel Véhicule, produit à partir de gaz naturel (GNV) ou de biométhane (bioGNV) est une solution reconnue par les pouvoirs publics pour répondre aux enjeux de pollution de l’air et de décarbonation du secteur routier. « C'est une vraie alternative au diesel pour les transporteurs, souligne Patrice Couget, Délégué Commercial Territoires de Teréga. Le bilan environnemental de cette solution, établi sur une analyse du cycle de vie des véhicules adossée à leur coût global d'usage, la rend incontournable. »

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État des lieux du GNV en France : une mobilité en plein essor

La consommation en GNV et bioGNV du secteur transport augmente

Elle a atteint 2,1 terawatt-heure (TWh) en 2019, soit 23% de plus qu'en 2018. « Cette dynamique se poursuit, principalement portée par la hausse des immatriculations de poids lourds et d'autocars, souligne Émilie Mauger, Chargée d’études prospectives de Teréga. Et les perspectives de développement sont encore très importantes. »

Deux trajectoires sont proposées à la maille nationale :

  • Une trajectoire haute reflétant l’ambition des régions issue du scénario “Territoires” des Perspectives Gaz 2020 basé sur les SRADDET), avec 37 TWh de consommation à l'horizon 2030. Sur le territoire Teréga, la déclinaison est la suivante : 3,3 TWh d'ici 2030 en Occitanie et 4,3 TWh en Nouvelle-Aquitaine.

  • Une trajectoire plus basse, issue des scénarios Gaz Haut et Gaz Bas des PG 2020, traduisant les objectifs de la Programmation Pluriannuelle de l'Énergie (PPE), autour de 13 TWh à l'horizon 2030.

Le maillage de stations s'étoffe rapidement

Fin 2021, la France comptait 252 stations ouvertes au public (dont 25 sur le territoire Teréga).
« Ce tissu est plutôt bien réparti sur le territoire, note Émilie Mauger. Il se concentre logiquement au plus près des usages, à proximité des grandes villes, des axes routiers hors autoroutes, des plateformes logistiques et des pôles industriels. »

« Dès aujourd'hui, sur nos routes nationales, on trouve une station en moyenne à moins d'un demi-plein de distance, ajoute Patrice Couget. Ce sera à moins d'un quart de plein d'ici 2025, ce qui devient cohérent pour nos transporteurs. »

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Le coût d’usage du GNV est compétitif

Côté carburant, les effets de la crise sanitaire, suivis aujourd’hui de ceux de la crise ukrainienne, créent un fort déséquilibre entre demande et offre d’énergies, conduisant à une montée des prix. Malgré cela, une quasi parité diesel/GNV se maintient. Le GNV reste également en dessous du prix de l'hydrogène d’origine renouvelable non-subventionné,  actuellement disponible à la pompe entre 10 et 12 euros/kg, un prix qui devrait rester stable tant que des unités de production massives ne seront pas réparties sur le territoire. 

Côté coût des véhicules et hors subventions, les véhicules GNV ont un prix très comparable à leurs équivalents diesel. Les solutions hydrogène/piles à combustibles présentent moins d’offres pour l’instant, et les véhicules électriques à batteries, en l'état actuel de la technologie, sont moins adaptés aux transport lourds extra urbains.

« Si l’on considère ces deux points économiques, ainsi que les contraintes réglementaires environnementales, le choix du GNV s'avère pertinent, facile d’usage et soutenable pour qui doit renouveler dès aujourd'hui tout ou partie de sa flotte, du chariot élévateur aux poids-lourd 2-3 essieux. », commente Patrice Couget.

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Le nombre de stations va doubler d'ici 3 ans.

100 km

En 2025, il y aura une station GNV tous les 100 km sur les routes nationales.

27

stations sur les 14 départements du réseau Teréga en 2022.

Les opérateurs de réseaux, facilitateurs des projets GNV

En lien avec les différents acteurs, des municipalités aux industriels, les opérateurs de réseaux comme Teréga accompagnent les porteurs de projets. Ils leur présentent notamment l’opportunité d’optimiser leur dispositif en se raccordant au réseau de transport haute pression, lorsqu'il se situe à proximité. « Remplir un réservoir à 200 bars en partant d’une pression moyenne disponible sur le réseau Teréga de 45 bars, au lieu de 4 bars sur le réseau domestique, divise par 2,5 la facture électrique de compression, précise Patrice Couget. C’est d'ailleurs cette recherche d’efficience énergétique qui est encouragée par la loi d’Orientation des Mobilités 2020 (loi LOM). »Deux stations sont ainsi raccordées en direct au réseau Teréga : à Damazan (47) et à Saint-Sulpice-la-Pointe (81).

Autre possibilité peu connue : un industriel peut partager la micro-station privée GNV destinée à sa flotte pour y créer un point de distribution public. Il optimise ainsi son investissement, tout en constituant un “réseau secondaire” de distribution utile pour l’équipement du territoire des petites communes, qui pourront par exemple y alimenter les bennes à ordures ménagères.

Quels enjeux pour l’avenir du GNV et du bioGNV ?

À très brève échéance, en donnant accès à la vignette Crit'R 1, le GNV et le bioGNV permettront de circuler dans les zones à faibles émissions (ZFE) qui vont se généraliser dès 2025 dans les villes de plus de 150 000 habitants.

Dans une optique de plus long terme, le GNV s'inscrit dans une démarche de gestion et d'exploitation durable des émissions fatales de méthane issues de la décomposition de divers déchets organiques. Laissé en l'état, ce méthane s'échappe dans l'atmosphère. Il est donc indispensable de valoriser ces déchets en biométhane : un investissement doublement gagnant qui permet d’intégrer des ressources locales et renouvelables au sein du mix énergétique.

« Pour donner une échelle, le potentiel de ressources de gaz renouvelables, s’il était totalement fléché vers la mobilité, représente l’équivalent de 70% de l’énergie de tous les transports routiers en France ou encore 3 fois plus que notre dépendance au gaz russe», détaille Patrice Couget.

La filière des gaz renouvelables se présente ainsi comme une opportunité pour notre indépendance énergétique, tout en apportant des solutions entre autres à la mobilité. Elle vient de surcroît développer une dynamique d’économie circulaire au niveau territorial, par la création d'emplois et de nouveaux métiers.

150 TWh

Méthanisation des déchets agricoles (lisiers…)

120 TWh

Pyrogazéification de déchets ménagers solides (bois…) ou liquides (boues d’épuration…)

50 TWh

Méthanation : combinaison d’hydrogène et de CO2